Enfin du soleil, de la chaleur, et un premier bain de mer, des kilomètres d’eau bénite, et un nettoyage puissant dans un réequilibrage ionique intensif … Et un château de sable m’attendait. Il était là, majestueux dans sa simplicité, entouré de petites tours, orné de coquillages, comme une offrande faite à la mer. Il portait la trace d’un cœur d’enfant : la patience, la joie, le soin et surtout une histoire imaginaire qui avait pris vie.

En tendant l’oreille, j’entendis cet enfant qui ne voulait pas quitter son joyau, je comprenais alors qu’un père et son fils en étaient les créateurs. L’enfant était triste. Il venait de passer du temps à façonner ce château, à y mettre de la passion, du cœur… et maintenant, il devait partir. Quitter ce qu’il avait créé.
Derrière cette tristesse, j’ai vu un geste d’amour plus grand : le père, sans imposer de mots, lui transmettait une leçon de vie puissante. Celle du détachement.
Savoir laisser ce que l’on aime. Savoir offrir ce qu’on a mis du cœur à créer. Savoir que la beauté peut continuer à vivre même sans nous, ça c’est du programme !!!
Je méditais alors sur ce que me renvoyait cette situation, puis plus tard, une autre famille arriva. Un autre enfant. Un autre père. Il a dit à son fils : « Regarde ce château. Quelqu’un y a sûrement mis du temps. Il ne faut pas le détruire. » Cette fois, le message était celui du respect : honorer ce qui a été construit avant nous, ne pas chercher à tout effacer pour recommencer, laisser la mer — et non l’humain — reprendre ce qui lui appartient.
Et là, un autre parallèle m’a traversée. Le sable… ce sont des grains.

Et nous ? Ne serions-nous pas aussi des poussières d’étoiles incarnées sur Terre ? Ce château de sable n’est pas seulement fait de matière : il est le reflet de notre propre condition humaine.
Nous construisons, nous aimons, nous nous attachons. Et pourtant, tout est éphémère. Comme le sable, nous sommes façonnés, puis repris par le souffle du vent ou la vague du temps. Et comme le sable, nous sommes faits de matière, mais habités par une étincelle bien plus grande. Alors je me suis rappelée d’une citation parfaite pour cette reflexion, de Pierre Teilhard de Chardin :
« Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, mais des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »
Alors pourquoi s’attacher autant ? Pourquoi croire que ce qui passe entre nos mains doit durer toujours ?
Ce château m’a soufflé ceci :
Crée, aime, partage… puis laisse partir.
Reconnais la beauté de ce qui t’a traversé, mais n’en fais pas une prison.
Honore ce qui a été, et fais confiance à ce qui sera.
Nous sommes poussières, mais nous sommes aussi faits de champs de conscience.
Et parfois, sur une plage, un simple château de sable nous le rappelle.
Et mon égo m’a alors soufflé ceci :
ce n’est que du sable après tout … et voila tout était dit, et pourtant, je suis restée avec ce que la vie m’enseignait à regarder, de plus près en ce début de mois de Mai, sacrée journée, l’eau de mer avait fait son effet…

De tout coeur,
MB

Laisser un commentaire